Au bonheur du piano

magazine sur le piano et l'enseignement musical

Rencontre avec Maria Bundgård

C’était il y a un mois. Par une agréable après-midi de mars, alors que le printemps renaissant embellissait Paris d’une lumière euphorisante, je rencontrais la jeune pianiste Maria Bundgård à deux pas de l’Arc de Triomphe.

Mais qui est Maria Bundgård ?

Maria Bundgård : Je suis née à la campagne au Danemark et j’ai commencé le piano quand j’avais dix ans. Ma mère m’a donné  mes premières leçons. Ensuite, j’ai intégré le Conservatoire de Copenhague puis je suis allé ensuite à Varsovie, pays d’où ma mère est originaire. Depuis bientôt trois ans, je suis à Paris où je travaille sous la direction d’Eugen Indjic qui aura été « le » professeur de ma vie.

Frédéric  Boucher : Vous avez déjà enregistré deux CDs et deux livres. Je ne peux malheureusement pas parler de vos livres car ils sont écrits en… danois. Peut-être pourriez-vous nous en dire quelques mots ?

Maria Bundgård : Mon premier livre s’appelle Le son de l’eau, avec comme  fil rouge des œuvres en lien avec l’eau de Debussy, Ravel, Gaubert et Liszt que j’ai enregistrées sur le CD du même nom. Il y est question de ma première année en France. Ce livre était une grande expérience. Je voulais écrire le livre sur la musique que je n’avais pas encore trouvé : un livre qui parle de musique mais qui parle aussi de tout ce qui se passe autour. Le livre commençait avec mon diplôme du Conservatoire Royal de Musique Classique de Copenhague mais il a vite pris une forme toute différente parce que je ne pouvais pas écrire sur la musique sans écrire sur tout le reste, ce qui était dans la musique et ce qui était en moi, car le travail avec les œuvres est évidemment un travail sur soi-même, sur la vie.

Frédéric Boucher : Et le deuxième livre, est-il lié également à un CD ?

Maria Bundgård : Oui. Il s’appelle Au commencement était le son. Le livre est en quatre parties de même structure. Chacune s’ouvre sur un célèbre conte d’Andersen (Les Fleurs de la petite Ida, La Cloche, Le Rossignol, La petite fille aux allumettes) que j’ai mis en relation avec un compositeur (Tchaïkovski, Scriabine, Rachmaninoff, Pärt) dont je joue des pièces dans le CD joint à l’ouvrage. Mais pour moi le plus important est que chaque partie parle de la musique tout en étant liée à une partie de la vie : l’enfance, l’adolescence, la maturité et la mort. C’est le témoignage d’une musicienne qui cherche sa voix parmi les grandes questions de l’existence et qui trouve finalement, avec le piano, le son de sa respiration et la voix de son cœur.

Frédéric Boucher : Y a-t-il un nouveau projet en cours ?

Maria Bundgård : Oui, je suis en train d’écrire un troisième livre. C’est une sorte d’enquête sur l’amour avec des œuvres romantiques de Mendelssohn, Chopin, Liszt, Brahms et Schumann. Le disque va être enregistré en février 2018.

Frédéric Boucher : Est-il prévu une publication en français de tes ouvrages ?

Maria Bundgård : Pas encore, mais j’espère que ce sera bientôt possible.

Frédéric Boucher : J’ai vu que vous donniez également des cours de yoga. Je me souviens d’une photo de Yehudi Menuhin en position du lotus avec B.K.S. Iyengar. Menuhin expliquait que « le yoga est une technique idéale pour prévenir les maladies physiques et mentales et protéger le corps en général en développant une sensation inébranlable d’assurance et de sureté de soi. » Et il ajoutait que « par sa nature même il est à chaque instant un acte vivant » .

Maria Bundgård : C’est tout à fait ça. En ce qui me concerne, quand j’étais étudiante au Conservatoire Royal du Danemark à Copenhague, j’avais très souvent mal à la tête, aux épaules, au bras, aux mains et je prenais de plus en plus des médicaments antidouleurs, mais je ne voulais pas continuer comme ça. Je me suis donc mise au yoga et mes problèmes ont disparus très vite. J’ai pu diminuer les antalgiques jusqu’à ne plus en prendre du tout. Mais avec le yoga, qui est une sorte de voyage dans le corps, des histoires oubliés et cachés en moi ont refait surface. Ce n’était pas toujours agréable de les voir réapparaître, bien au contraire ! Et souvent j’avais très envie de fuir. Alors je suis allé en Pologne pour étudier, puis je suis revenue au Danemark, et finalement je suis arrivée à Paris. Jusqu’au ce que je comprenne qu’on ne peut pas se fuir soi-même. Finalement, je pense que j’ai trouvé ma voie, mon équilibre, mon « son ».  Et c’est peut-être pour cette raison que c’est important pour moi d’écrire des livres et d’enregistrer des disques : pour partager ce que j’ai appris.

Frédéric Boucher : Vous avez choisi parmi tes vidéos Reflets dans l’eau de Debussy. Pourquoi ?

Maria Bundgård : Parce que c’est ma première histoire d’amour avec la musique pour piano de Debussy et qui a correspondu au début de mon histoire d’amour avec la France et au début d’un tout nouveau chemin dans ma vie.

Frédéric Boucher : Ou pouvons-nous vous suivre ?

Maria Bundgård : Sur mon site Maria Bundgård. Sinon pour Le Son de l’eau  on peut trouver le livre en danois avec le C ici ou le CD seul ici. Et pour Au commencement était le son, le CD seul ici.

Frédéric Boucher, pour Au bonheur du piano, 28 avril 2017

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Cette entrée a été publiée le 28 avril 2017 par .
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