Rencontre avec Florent Nagel

C’est en 2012, avec son conte musical Alice au pays des merveilles pour récitant et piano à quatre mains que le compositeur Florent Nagel est propulsé sur le devant de la scène. Depuis le conte a déjà été donné plus de deux cents fois aussi bien en France qu’à l’étranger, en français, en espagnol, en anglais. Le CD, paru chez Azur Classical avec Yves Penay, récitant, Joanna Martel et Florent Nagel au piano, a été salué par la critique. Le 25 mars prochain aura lieu la création de la version pour récitant et orchestre par l’Orchestre du Capitole de Toulouse.  (voir site du Capitole de Toulouse).

Il y a un mois, j’ai eu la chance de rencontrer Florent Nagel à l’occasion de la sortie prochaine de sa nouvelle œuvre.

Frédéric Boucher : Dans quelques semaines paraîtra aux éditions Leduc Livre pour piano. C’est un titre qui intrigue.

Florent Nagel : Il s’agit de vingt-cinq pièces de niveau très élevé, dont sept préludes et fugues. J’ai voulu revenir au contrepoint. Ce recueil est un panel large de tout qu’on peut faire au piano, d’un point de vue technique, d’un point de vue de la composition, et d’un point de vue de la composition alliée à ce qu’on peut faire au piano. Le CD, que j’ai enregistré au printemps dernier, paraîtra en même temps chez Azur Classical, dans la collection « Festival International Albert Roussel ».

Frédéric Boucher : Revenons sur votre parcours. Je crois que Glenn Gould a joué un rôle important lorsque vous étiez enfant ?

Florent Nagel : En effet ! Quand j’avais onze ans, mon professeure de français m’a conseillé, puisqu’elle savait que je jouais du piano et que j’adorais Bach, de regarder une émission à la télévision pour les dix ans de la mort de Glenn Gould. Je ne le connaissais pas du tout. J’ai regardé et aussitôt je me suis identifié à lui. J’ai acheté un pliant pour jouer bas, je n’ai voulu jouer que du Bach et j’ai arrêté d’utiliser la pédale. J’ai acheté tous ses CDs, ses vidéos et les livres qui lui étaient consacrés. C’était une révélation. C’est sans doute à ce moment que m’est venue l’envie de composer et notamment des fugues. Cela a duré deux ou trois ans. Plus tard, je me suis éloigné de la conception de Gould.

Frédéric Boucher : Après vos prix, vous avez étudié avec André Dumortier au Conservatoire Royal de Belgique puis avec deux compositeurs aux styles radicalement différents. Comment avez-vous vécu cette expérience ?

Florent Nagel : Oui, Marcel Bitsch et Claude Ballif étaient deux personnes dont les conceptions musicales étaient opposées mais pour moi ils étaient complémentaires. On peut dire que Bitsch m’a apporté la sagesse et Ballif la folie.  Il faut bien comprendre que des musiciens de cette envergure font en quelque sorte un legs aux étudiants qui viennent travailler avec eux.  Ils m’ont fait gagner du temps en partageant le fruit de leur expérience respective et m’ont donné des pistes de réflexion inestimables.

Frédéric Boucher : Y a-t-il des compositeurs qui vous ont particulièrement influencé ?

Florent Nagel : Il y a quelques années, j’aurais peut-être répondu : Bartók, Scriabine… Mais aujourd’hui, je ne vois plus les choses comme ça.  Ce sont surtout des œuvres, des œuvres qui sont sincères, qui sont vraies. Une partition peut m’apprendre au même titre qu’un professeur.

Frédéric Boucher : Parmi les dizaines de pièces que vous avez écrites, il  y a Simple et Féroce, pièces destinées à être jouées par des jeunes. Le Concours Claude Kahn en a d’ailleurs inscrit une à son programme l’an dernier. Pourquoi écrire pour les jeunes ?

Florent Nagel : Je trouve ça logique. On a des enfants autour de nous qui font de la musique, alors l’idée de leur écrire des pièces vient naturellement. Et puis, écrire pour les enfants c’est extraordinaire car on apprend à écrire avec des moyens techniques plus réduits mais en faisant en sorte que ça sonne normalement. C’est un défi qui me passionne.

Frédéric Boucher : Comment gérez-vous vos deux carrières, celle de concertiste et celle de compositeur ?

Florent Nagel : Il est vrai que je joue beaucoup en soliste. Je tourne surtout à l’étranger  parce que j’aime bien voyager et j’y ai plus d’opportunités qu’en France. Je joue Bach, Scarlatti, Chopin, Liszt, Ravel, Scriabine mais aussi mes pièces. J’ai longtemps cru qu’il fallait séparer ma vie de concertiste de ma vie de compositeur mais aujourd’hui je pense qu’il faut que tout soit lié. Je suis musicien, donc je compose, je joue, j’enseigne. Cela se fait naturellement.

Frédéric Boucher : Quels sont vos projets ?

Florent Nagel : Le Conservatoire de Vannes m’invite les 17 et 18 février, élèves et professeurs participeront à des concerts – dont Alice – et assureront la création d’une pièce D’accord que j’ai écrite pour 24 pianistes sur 8 pianos. On pourra écouter ou réécouter Alice à Paris, au conservatoire du 12ème, les 4 mai et 1er juin prochains. Par ailleurs, j’aimerais écrire une sonate pour piano et j’ai aussi une commande d’un cycle de mélodies par Nathanaël Tavernier.

Un site à consulter :  Alice, conte musical  

Frédéric Boucher, pour Au  bonheur du piano, 15 décembre 2017

 

Florent Nagel, Livre pour piano, Editions Leduc

 

 

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