Sensibiliser les jeunes à la musique classique

« Car l’expérience cent fois répétée le prouve bien : avec une pédagogie adaptée, il est très possible de bien transmettre à tout public (enfants des quartiers « sensibles », détenus, lycéens, clubs du troisième âge) ici un opéra baroque, là un quatuor à cordes, ailleurs la plus dépaysante des oeuvres contemporaines. »

Jacques Bonnaure, La Lettre du musicien n°487, décembre 2016

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Le rôle du bras

« Une des premières choses que j’enseigne à mes élèves, c’est de laisser tomber le plein poids du bras. Cela implique qu’on lève le bras complètement, et pas seulement à partir du coude. Il faut développer en soi-même l’idée du bras comme une unité, sans le diviser en main, poignet, avant-bras, coude. Le bras doit devenir quelque chose comme un serpent. »

Claudio Arrau, « Arrau parle », Conversation avec Joseph Horowitz, Gallimard 1985, page 131

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Qu’est-ce que l’interprétation ?

« Une partition n’est jamais autre chose, à première vue, qu’un amas de figures tracées à l’encre noire. A l’état écrit, la musique est muette. Elle a vibré dans l’esprit de son créateur, qui l’a consignée au moyen d’un code. L’interprète la ranime : responsabilité lui incombe de lui insuffler une vie sonore. […] L’interprétation se définit dès lors comme un acte musical, physique, émotionnel et cérébral, de re-création. »

Jean-Claude Casadesus, « La Partition d’une vie », Entretiens avec Frédéric Gaussin, Editions Ecriture 2012, pages 208-209

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L’art n’est pas un métier

« L’Art n’est pas un métier… Une école d’Art ne peut pas et ne doit pas être une école professionnelle. Il faudrait bien se garder de croire en effet que, pour être musicien, il suffise de savoir jouer, même très bien, d’un instrument ou de pouvoir écrire très correctement une fugue ou une cantate. Ces études font évidemment partie de l’enseignement musical, mais elles ne constituent point l’art; j’oserai même dire que, pour celui qui s’arrête à ce degré d’instruction sans chercher l’art véritable, les connaissances acquises deviennent d’autant plus pernicieuses qu’il s’imagine être suffisamment armé pour produire ou interpréter de grandes œuvres… Là où finit le métier, l’Art commence. Et c’est alors que la tâche des professeurs sera, non plus d’exercer les doigts, le larynx, l’écriture des élèves, de façon à leur rendre familier l’outil qu’ils auront à manier, mais de former leur esprit, leur intelligence et leur cœur, afin que cet outil soit employé à une besogne saine et élevée, et que le métier acquis puisse contribuer à la grandeur et au développement de l’art musical. »

Vincent d’Indy, discours d’inauguration des nouveaux locaux de la Schola Cantorum, le 2 novembre 1900

 

L’art d’enseigner

« L’art d’enseigner n’est que l’art d’éveiller la curiosité des jeunes âmes pour la satisfaire ensuite, et la curiosité n’est vive et saine que dans des esprits heureux. Les connaissances qu’on entonne de force dans les intelligences les bouchent et les étouffent. Pour digérer le savoir, il faut l’avoir avalé avec appétit. »

Anatole France, « La Crime de Sylvestre Bonnard », Calmann-Lévy, 1902, page 209

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L’importance du travail préparatoire

Ce qui est valable pour le violoncelle l’est aussi pour le piano 

« [Mstislav Rostropovitch] savait exactement ce qu’il voulait sur chaque note, chaque mesure, chaque respiration. Et la solidité de son travail préparatoire lui permettait de conserver au moment du concert une liberté, un élan, une spontanéité intacte… »

Hélène Mercier Arnault, « Au fil des notes… », Plon 2009, page 62

 

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